Biodiversité

Natura 2000

Initié par l’Union Européenne en 1992, Natura 2000 est un réseau de sites européens dont l’objectif est d’enrayer la perte de biodiversité.

Ce réseau comprend des sites désignés par les Etats, au titre de deux directives :

  • La directive oiseaux, signée en 1979 et révisée en 2009, vise à protéger certaines espèces d’oiseaux remarquables et leurs habitats (en France, 371 sites pour 46 000 km² environ) ;
  • La directive habitats, signée en 1992, vise à protéger des milieux naturels remarquables (lagunes, landes, tourbières, boisements) et certaines espèces animales et végétales (en France, 1 334 sites pour 52 000 km² environ).

Les milieux et espèces visés par Natura 2000

  • 85 espèces d’oiseaux et leurs habitats dont l’Avocette élégante, l’Echasse blanche, la Gorgebleue à miroir, le Phragmite aquatique ou encore la Spatule blanche :
  • 25 milieux remarquables dont dunes, falaises, landes, prairies humides, marais salants, prés salés, vasières, ... :
  • 5 espèces animales et végétales (hors oiseaux) : Loutre d'Europe, Agrion de Mercure, Flûteau nageant, Oseille des rochers, Lucane cerf-volant :

Quelques-uns des objectifs de gestion sur les sites Natura 2000 

  • Préservation de la dynamique des milieux côtiers en intégrant l'accès du public ;
  • Restauration et entretien des milieux côtiers avec une gestion appropriée ;
  • Conservation des habitats de l'estran (zone de balancement des marées) tout en conciliant les activités professionnelles et de loisirs,
  • Gestion extensive des marais, marais salants, prairies, roselières, …,
  • Information et sensibilisation sur la conservation des habitats naturels et des espèces d'intérêt communautaire.

Les actions

Les actions proposées aux agriculteurs, conchyliculteurs, paludiers, propriétaires, communes ou gestionnaires de terrains sont différentes selon les types d'usages. Elles sont décrites dans les documents cadres de gestion des sites : les Documents d'Objectifs (DOCOBs).

Quelques exemples :

Sur les terrains agricoles :

  • Gestion extensive des prairies humides ;
  • Ouverture de parcelles embroussaillées ;
  • Restauration et entretien de mares ;
  • Création et entretien de couvert herbacé ;
  • Gestion des marais salants pour la biodiversité.

Sur les terrains non agricoles :

  • Bûcheronnage ;
  • Entretien par fauche ou pâturage ;
  • Lutte contre les espèces invasives ;
  • Pose et gestion d’ouvrages hydrauliques ;
  • Protection contre le piétinement ;
  • Ramassage manuel des laisses de mer ;
  • Information des usagers (mise en défens).

Située sur les communes du Pouliguen, de Batz-sur-Mer et du Croisic, la côte sauvage s’étire de la pointe de Penchâteau à l’est, à la jetée du Tréhic à l’ouest. Sa proximité avec la ville et les aménagements récents peuvent conduire à la considérer comme un espace vert. Il n’en est rien ! 

Un site écologique remarquable

La côte sauvage est dotée de magnifiques paysages. Son patrimoine naturel remarquable est reconnu d’intérêt européen par le classement en site Natura 2000 pour la diversité de ses habitats naturels (milieux dunaires, prés salés, landes et pelouses littorales) et la richesse de sa flore (oseille des rochers, l’œillet de France…). 

Entre 2003 et 2007, les communes du Pouliguen, de Batz-sur-Mer et du Croisic ont mené, en collaboration avec l’Etat et Cap Atlantique, un programme ambitieux de réhabilitation du littoral. Ces travaux ont fait suite aux opérations de nettoyage de la marée noire de l’Erika et visaient à gérer la surfréquentation du site.  En 2015, Cap Atlantique a mené un diagnostic qui met en évidence la détérioration avancée des habitats naturels… 

Cette dégradation de la biodiversité s’explique par :

  • le piétinement des pelouses dû à une canalisation inadaptée du public, 
  • la présence d’espèces invasives, introduites involontairement ayant pour effet direct la diminution des espèces autochtones, 
  • le développement de ligneux réduisant la diversité de plantes typiques du littoral, 
  • l’enrichissement du sol dû en particulier aux déjections canines.

Cap Atlantique et les communes de Batz-sur-Mer et du Croisic, en partenariat avec l’association DECOS (Défense de l’Environnement et de la Côte Sauvage), mènent des travaux de restauration de la côte sauvage. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un contrat Natura 2000. 

Aujourd’hui ces travaux à Batz-sur-Mer et au Croisic consistent en : 

  • l’amélioration du dispositif de canalisation du public sur 5 km,
  • la lutte contre les espèces invasives (Baccharis, Yucca, Herbe de la pampa, Griffe de sorcière…),
  • la mise en place d’une gestion durable des pelouses littorales et des fourrés de ligneux (Atriplex, Fusains, chênes verts…).

Ce projet s’étend sur la période 2019-2024 et son budget total s’élève à 60 805,80 € HT subventionnés à 80 %, 40 % par l’Etat et à 40 % par le FEDER ITI.

Vous aussi, préservez la côte sauvage !

La Grande Falaise est un site dunaire de 9 hectares qui appartient à la commune de La Turballe. Ce site est très fréquenté et apprécié des turballais pour s’y promener ou s’adonner au parcours de santé qui s’y trouve. 

Le site est intégralement inclus dans les périmètres Natura 2000 Marais salants de Guérande, traicts du Croisic et dunes de Pen-Bron au titre des Directives Oiseaux et Habitats ainsi que dans le site classé des Marais salants de Guérande. 

Il est majoritairement composé de dunes grises côtières atlantiques (2130-2*) qui est un habitat prioritaire de la Directive habitats. Ce site abrite également des zones relictuelles de landes sur dunes fixées décalcifiées atlantiques (2150) qui est également un habitat d’intérêt communautaire. En Loire-Atlantique, cet habitat est uniquement connu à Pont-Mahé à Assérac et à La Turballe. 

Plusieurs espèces d’intérêt patrimonial sont également présentes dans la zone, protégées pour la plupart en Pays de la Loire : Ophrys de la passion, Silène de Porto, Romulée à petites fleurs, Œillet de France, Ornithope comprimé). Ces espèces dépendent des milieux ouverts sur lesquels elles se développent.

Dans les années 70-80, des résineux ont été plantés dans la zone : Pins radiés et Pins noirs, qui sont des espèces exotiques. Ces plantations ont désormais pris beaucoup d’envergure et de nombreux buissons de Chênes verts et de Saules se sont également développés. 

Cette dynamique impacte négativement l’état de conservation des habitats d’intérêt communautaire ainsi que des espèces présentes. Les habitats de dunes grises et de landes décalcifiées ainsi que les espèces d’intérêt patrimonial sont menacés à moyen terme par la progression des ligneux sur la dune. 

Dans le cadre du Contrat Régional Bassin Versant, Cap Atlantique a déjà restauré une mare en faveur des amphibiens. Au printemps 2018, cette mare accueillait plusieurs pontes de Grenouilles agiles. Cette restauration a été réalisée en parallèle de la redécouverte d’une importante station de Tritons crêtés (espèce d’intérêt communautaire) à proximité.

La zone est également traversée par un fossé du sud au nord. Celui-ci s’écoule sous la RD 92 dans la bondre du Briolet. Ce fossé est fortement comblé d’une part par la matière organique en provenance de la végétation rivulaire qui s’y développe, et, d’autre part, par une végétation de Typhas qui a intégralement colonisée son cours dans sa partie aval. Par ailleurs, un programme de restauration antérieur mis en œuvre sur ce cours d’eau a permis de faire émerger de belles stations de Characées qui constituent un habitat d’intérêt communautaire. On y trouve également une importante population de Grenouilles vertes. 

Enfin, 3 mares comblées et colonisées par la végétation ligneuse n’étaient jusqu’à présent plus en eau sont également présentes.

Objectifs de gestion

Un contrat Natura 2000 a donc été élaboré dans une optique similaire à celui de la dune de la Falaise à Batz-sur-mer s’étendant sur la période 2018-2023. Les principaux objectifs sont :

- stopper la dégradation de la dune grise ;
- augmenter les potentialités d’accueil pour la biodiversité : 

  • habitats d’intérêt communautaire,
  • flore d’intérêt patrimonial,
  • faune : amphibiens, avifaune… 

-    maintenir l’accès au site pour le public.

Programme d’actions

Le programme d’actions a été élaboré par la commune et Cap Atlantique en lien étroit avec Bretagne Vivante, sollicitée pour sa connaissance pointue des enjeux floristiques du secteur.

  • Action 1 : Bûcheronnage et débroussaillage sur 2,24 hectares
  • Action 2 : Coupe ou arrachage des semis de ligneux sur 0,79 ha
  • Action 3 : Entretien annuel des zones bûcheronnées sur 2,24 ha
  • Action 4 : Installation de clôtures à mouton sur 2 325 ml pour mise en pâturage ovin

La plupart des accès actuels seront conservés pour garantir l’accès du public grâce à des portillons. Les accès mécaniques seront maintenus par des barrières en bois pivotantes pour l’entretien régulier du site. Par ailleurs, sur les portillons seront indiquées les réglementations nécessaires à la bonne cohabitation entre les promeneurs et les ovins (chiens en laisse et interdiction aux véhicules motorisés).

Le pâturage représente sur un tel site un intérêt double :

  • il permet d’alléger le besoin d’entretien de la végétation, notamment sur les zones qui seront bucheronnées et débroussaillées,
  • il diversifie et augmente la diversité floristique de ces milieux d’une grande valeur biologique.

Le pâturage permet également de garantir la pérennité de l’action, et ceci d’autant plus que les crédits du contrat Natura 2000 ne peuvent pas s’étendre au-delà de 5 années.

  • Action 5 : Entretien du fossé sur 342 ml en 3 phases
  • Action 6 : Entretien de 3 mares

Budget total du programme : 77 237,68 € HT, subventionné à 80 %, 40 % par l’Etat et à 40 % par le FEDER ITI.