Biodiversité

Les espèces invasives et à l'origine de nuisances

Cap Atlantique s'est dotée d'une compétence statutaire singulière pour une communauté d'agglomération : "lutte contre les espèces dommageables à la communauté".

Les espèces dommageables sont, du point de vue de Cap Atlantique, de deux types :

  • les espèces incommodantes,
  • les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE).

Les espèces incommodantes

    On appelle "espèces incommodantes" des espèces locales (indigènes) qui créent des nuisances pour l'homme : gênes, maladies, allergies, etc.

    Dans ce cadre, Cap Atlantique participe aujourd'hui financièrement à la régulation des populations de certaines espèces de moustiques. Sur le territoire, d'autres structures interviennent sur certaines espèces également objet d'une régulation. Le réseau Polleniz (FREDON-FDGDON Pays de la Loire)veille, par exemple, à contrôler le développement des chenilles urticantes telle que la chenille processionnaire du pin.

    Les moustiques générateurs de nuisances sont, sur le littoral atlantique, principalement des espèces inféodées aux marais salés et saumâtres :

    • Aèdes detritus et Aèdes caspius en milieux halophiles (salé),
    • Culex modestus en milieux doux et saumâtre.

    Les moustiques adultes de ces espèces sont d'excellents voiliers capables de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver leur "proie". De ce fait, les importants envols d'adultes peuvent générer des nuisances tout à fait significatives pour les personnes, y compris celles éloignées des marais littoraux.

    Il faut également souligner les nuisances de moustiques d’origine urbaine comme le Culex pipiens. Ce dernier se développe dans des points d'eau douce, même pollués et de petite taille (boîte de conserve oubliée au fond du jardin, ...). Les adultes se déplacent dans un périmètre très limité autour du lieu qui a vu leur larve se développer et se métamorphoser. Ils peuvent néanmoins générer de vraies nuisances. Des actions simples permettent d'éviter de transformer une habitation en "maison des moustiques".

    Les actions de régulation des populations de moustiques sont exclusivement organisées et conduites par un établissement public : l'Etablissement Interdépartemental de la Démoustication Atlantique (EID Atlantique) créé par les départements de Charente-Maritime, Vendée, Loire-Atlantique, Gironde et Morbihan.

    Sur le territoire de Cap Atlantique, les départements de Loire-Atlantique et du Morbihan financent l'action de l'EID avec le co-financement de la communauté d’agglomération (130 000 €/an). Une équipe de l'EID est ainsi basée à l'année à Guérande. Il intervient uniquement sur les moustiques au stade larvaire dans les marais en friche de Guérande et du Mès, ainsi que de Pénestin et Camoël.

    Parallèlement à un traitement anti-larvaire ponctuel et sélectif avec un biocide d’origine naturel, l’EID Atlantique a mis au point une méthode dite de lutte physique. Il s'agit d'une gestion de l’eau à niveau constant dans les bassins susceptibles d'être des gîtes larvaires.

    Le moustique tigre

    Le "moustique tigre" (Aedes albopictus) est originaire d’Asie du Sud-Est. Il a été introduit sur le territoire européen par l’intermédiaire de navires en provenance d’Asie. En France, les premières larves et adultes d’Aedes albopictus ont été observés sur des plates-formes de stockage de pneumatiques, en Normandie, en 1999.

    Actuellement, il n’a pas été signalé et identifié sur le territoire de Cap Atlantique. Il est potentiellement vecteur de nombreuses maladies : Zika, Chikungunia, West Nile Virus, …

    L’EID Atlantique a développé une application mobile i Moustique® qui prolonge son action d’information et de sensibilisation auprès de la population. Cet outil de veille citoyenne contribue à signaler un moustique, l’identifier et connaître les bons gestes pour limiter sa prolifération.

    Les chenilles processionnaires (du pin ou du chêne) ou du Bombyx cul-brun sont urticantes (leurs poils contiennent une protéine qui leur confère cette particularité).

    L’exposition aux poils de chenilles intervient lors de la manipulation des nids mais aussi dans les zones situées à proximité des arbres infestés, les poils très légers étant emportés par le vent. Le simple contact avec ces poils peut provoquer quatre types d’atteinte :

    • Cutanée (irritations, prurit),
    • oculaire (pouvant provoquer une conjonctivite),
    • respiratoire,
    • allergique.

    La survenue de réactions allergiques, rare mais grave, est susceptible de se produire notamment en cas de manipulation des nids.

    La lutte contre ces chenilles est organisée par les communes et effectuée par Polleniz. Cap Atlantique ne participe pas à la lutte contre cette espèce.

    La destruction par tir de nids de chenilles est strictement interdite. Cette pratique doit être prohibée car, outre les problèmes de sécurité publique et les dégâts occasionnés aux arbres, elle entraîne une dissémination des poils urticants dans l’air.

      Les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE)

      Une Espèce Exotique Envahissante est, selon l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), une espèce exotique (non indigène) dont l’introduction par l’homme, volontaire ou fortuite, l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes, avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives.

      Les espèces invasives sont ainsi considérées comme la seconde cause de disparition de la biodiversité, après la destruction des habitats des espèces.

      Cap Atlantique participe techniquement et / ou financièrement à des opérations de lutte contre les espèces invasives, qu'elles soient végétales ou animales.

      Des végétaux invasifs

      Une reproduction et dissémination très efficaces. Les faibles pressions des prédateurs et l’absence de concurrents leur permettent de dominer les espèces végétales indigènes. Dotées d’une forte capacité d’adaptation aux milieux, elles sont, de plus, particulièrement difficiles à éliminer.

       Espèces :

      • Le baccharis à feuille d'arroche (Baccharis halimifolia) ;
      • La renouée du Japon ;
      • L'herbe de la pampa ;
      • L'ailante glanduleux ;
      • Les jussies ;
      • Le myriophylle du Brésil.

      Le baccharis

      Le baccharis est une espèce qui a longtemps été plantée en bord de mer pour former des haies résistant au vent et aux embruns. Ses capacités de dispersion (reproduction par le vent) lui ont permis de se développer de façon très importante sur la Presqu’île de Guérande. On la rencontre de manière privilégiée sur les talus de marais salants (d’autant plus lorsqu’ils sont en friche), la côte sauvage et plus généralement les friches en bord de mer. 

      Depuis le 14 février 2018, le caractère invasif de cette espèce et les nuisances qu’elle provoque sont désormais reconnues par la loi puisqu’elle a fait l’objet d’un arrêté ministériel. Ce texte prévoit l’interdiction de détention de spécimens mais également leur introduction dans le milieu naturel. Cela implique donc une obligation, pour les propriétaires de parcelles colonisées par le baccharis, de prendre des mesures afin d’empêcher leur fructification voire les éradiquer.

      La colonisation de la dune de la falaise à Batz-sur-Mer montre un exemple de la perte de biodiversité par une plante invasive.

      Les fourrés de baccharis se développaient sur ce site au sein de dépressions plus ou moins humides. Le conservatoire botanique national de Brest a conduit un diagnostic floristique en septembre 2005 préalablement à une intervention de Cap Atlantique visant à limiter cette invasion. Les zones fortement colonisées par le baccharis comportaient 5 fois moins d’espèces végétales que les zones non colonisées !

      Après suppression du baccharis (interventions successives pendant plusieurs années), on note une augmentation de la diversité végétale par le retour de 60 nouvelles espèces sur les espaces ainsi libérés.

      Cap Atlantique intervient depuis plus de 10 ans en menant des actions de lutte contre cette espèce. La communauté d’agglomération consacre annuellement environ 90 000 € à  lutter contre cette espèce, en priorité pour des enjeux de biodiversité.

      Des animaux invasifs

      Quelques espèces :

      • Le ragondin ;
      • L’écrevisse de Louisiane (très présente en Brière) ;
      • Le frelon asiatique ;
      • Le vison d’Amérique ;
      • La tortue de Floride.

        Le ragondin est originaire d'Amérique du Sud. Il a été introduit en France pour l'intérêt que présentait sa peau dès 1882 (Indre et Loire) et de nombreux élevages ont vu le jour entre cette date et 1914. La crise de 1929 engendra la disparition de l'essentiel de ces élevages, la libération de nombreux sujets avec l'introduction volontaire de certains d'entre eux dans la nature.

        Le ragondin a divers impacts :

        • Ecologiques : consommation des roselières, des arbres de la rispisylve, dégradation des berges des cours d'eau et colmatage du lit des rivières, perturbation des régimes hydrauliques, …,
        • Economiques : atteinte aux cultures, mise en péril des ouvrages d'art ou encore nuisances à l'étanchéité des bassins de lagunages,
        • Sanitaires : vecteur de différentes maladies pathogènes (douve du foie, Leptospires, Ténias).

        L’organisation et la mise en œuvre de cette lutte relève, pour le Morbihan, de la Fédération Morbihannaise de Défense contre les Ennemis des Cultures (FEMODEC) et pour la Loire-Atlantique, de la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON), deux structures privées ayant des missions de service public sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture.

        Cap Atlantique est signataire d'une convention avec ces deux structures depuis 2007 pour financer, à hauteur :

        • Des suivis de densité de populations de ragondins,
        • l'intervention de techniciens dans le cadre de luttes intensives sur des secteurs fortement colonisés,
        • la mise en place d’un programme de lutte coordonnée contre les rongeurs aquatiques avec les piégeurs bénévoles des communes (mise à disposition de cages-pièges, primes à la capture).

        Observé pour la première fois en France en 2005, dans le Lot-et-Garonne, le frelon asiatique est présent sur le territoire de Cap Atlantique, les premiers nids ayant été observés en 2011.

        Originaire d’Inde et de Chine, ce frelon s’est très vite acclimaté à la France. Son expansion très rapide est estimée à une centaine de kilomètres par an.  En tant que prédateur de l’abeille et de nombreux insectes, il présente à la fois un risque pour l’apiculture et la biodiversité (compétition avec les espèces autochtones, incidences sur la pollinisation, …) et la santé publique (risque de piqûres en cas de dérangement).

        Depuis 2009, sous l’impulsion de l’Etat,  le réseau Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles (FREDON)/Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON) Pays de la Loire (nouvellement Polleniz), a mené une mission d’épidémio-surveillance sur l’espèce, visant à mesurer son expansion, accroître les connaissances scientifiques, informer et communiquer sur l’espèce et les bonnes pratiques de destruction.

        Devant la recrudescence constatée en 2014 et face aux multiples sollicitations, le réseau FREDON/FDGDON Pays de la Loire, en tant qu’organisme à vocation sanitaire, a créé un plan d’action collectif à partir de 2015, qui vise à établir une meilleure organisation et une harmonisation de la lutte.

        Pour concrétiser la lutte contre le frelon asiatique sur son territoire, Cap Atlantique a adhéré au plan d’action collectif proposé par la FDGDON 44.