Hommage à Jacques Leparoux - 20 ans déjà !

Hommage à Jacques Leparoux, disparu lors de l'attentat du 24 novembre 2000. 20 ans déjà... N'oublions pas !

Le 24 novembre 2000, Jacques Leparoux, employé du Syndicat Intercommunal de la Côte d’Amour et de la Presqu’île Guérandaise, perdait la vie dans un attentat commis au 3 avenue des Noëlles, siège actuel de Cap Atlantique à la Baule-Escoublac.

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Cet hommage a été prononcé par Philippe Allain, Directeur Général de Cap Atlantique, le 24 novembre 2020 au nom des anciens collègues de Jacques.

"Il y a 10 ans, nous, anciens collègues du SICAPG, avions rédigé ensemble ces quelques mots que je vais reprendre 10 ans après, car c’est en leur nom à tous que je m’exprime, ceux, une quinzaine, qui sont encore employés de Cap Atlantique et ceux qui sont partis vers d’autres horizons ou en retraite. 

Ce faisant, je n’oublie pas que Pascal, la personne qui partageait sa vie, sa maman, qui vient de décéder il y a quelques semaines, ses frères et soeurs et tous ses amis proches ont été touchés d’encore plus près.

24 novembre 2000 - 8 h 20

Jacques est arraché à la vie, au siège du SICAPG* à La Baule... sur son lieu de travail ! Ce qui cause sa mort, ce n’est ni un accident, ni la maladie ! C’est l’explosion d’une bombe ! Une bombe, une de plus dans un monde où la violence est utilisée comme un mode d’expression banal. 

Inconcevable, impensable, inimaginable, c’est pourtant la dure réalité de ce vendredi matin, il y a 20 ans. 

Beaucoup, qui sont à l’écoute aujourd’hui, ici s’en souviennent comme ils s’en souvenaient il y a 10 ans, rassemblés sur le parking en bas de cet immeuble où l’explosion s’est produite. La déflagration a été si forte, qu’elle a été entendue à plusieurs kilomètres ! À partir de cet instant, le temps s’est figé ; une affreuse réalité s’impose : NOUS NE REVERRONS PLUS JAMAIS JACQUES ! 

- Très vite, la peur causée par l’explosion, laisse la place à la panique… puis à la stupeur, à l’effroi, à l’incompréhension… à l’accablement, à la consternation, au désespoir, à l’horreur de la découverte avec Yves MÉTAIREAU, maire de La Baule-Escoublac, du corps disloqué de Jacques, qui nous laisse complètement hagards ! 

- Très vite, la thèse de l’attentat est avancée. Pourquoi ?… Contre qui ?… Par qui ?… Seule certitude : JACQUES qui travaillait à l’endroit même où est accrochée la bâche commémorative qui pend sur la façade EN EST LA VICTIME INNOCENTE. 

- Plusieurs mois angoissants s’écoulent sans qu’aucune réponse ne soit apportée et avant que l’enquête révèle l’impensable ! 

Par ambition politique démesurée, Philippe Rivet a voulu éliminer Christophe PRIOU, alors président du SICAPG, maire du Croisic et conseiller général, en déposant un colis piégé à l’entrée de ce bâtiment, presque quatre mois avant le drame. 

Nous avons ainsi vécu pendant tout ce temps, avec cet engin de mort dans nos locaux, qui aurait pu tous nous emporter ! 

- Arrêté en 2001, Philippe Rivet est jugé en première instance en mai 2004, à Nantes. J’y représentais, accompagné de collègues et de Christophe PRIOU, le SICAPG, parties civiles à l’instance. Malgré les évidences révélées par une enquête minutieuse à l’honneur de la police, il nie tout en bloc et avec véhémence : 

  • son implication dans la confection et le dépôt de la chaîne stéréo piégée ;
  • être l’auteur de l’attentat visant Christophe PRIOU.

Il sera pourtant reconnu coupable et condamné à 28 ans de réclusion criminelle ! 

Il clame son innocence et fait appel de ce jugement, mais la peine est confirmée en deuxième instance en décembre 2005, à Rennes, malgré sa même persistance à nier les faits. Nous y étions présents à nouveau, dans l’angoisse d’un acquittement qu’on nous laissait entrevoir.

Coup de théâtre le 18 octobre 2010 ! 

Alors qu’il est jugé à Versailles pour le meurtre d’un présumé complice dans l’affaire de La Baule (notre affaire !), il avoue, à l’ouverture du procès, 10 ans après, être l’auteur unique de l’attentat ayant causé la mort de Jacques. 

Pour autant, il n’exprime aucun remord… Il ne cherchait qu’à se dédouaner de ce second meurtre, également atroce. Pourquoi tuer cet homme s’il avait agi seul ? 

Une nouvelle fois, la cour d’assises de Versailles le reconnaît coupable de l’assassinat de son présumé complice et le condamne à 27 ans de réclusion criminelle. Les peines ne se cumulant pas, il ne fera pas appel.

Aujourd’hui, la douleur et l’émotion sont toujours là. Cela fait 20 ans que Jacques n’est plus ! Il laisse un grand vide, pour ses proches, sa famille, ses collègues !

Sa joie de vivre nous manque.

Ses passions qu’il savait faire partager nous manquent. L’une d’entre elles était les oiseaux, il en élevait lui-même. C’est en hommage à cette passion qu’un lâcher de pigeons voyageurs avait été organisé il y a dix ans. 

Son humour nous manque,
Son enthousiasme nous manque,
Son énergie nous manque,
Son dévouement nous manque,
Ses coups de gueule nous manquent,
Son humanité nous manque,
Sa générosité nous manque,

JACQUES NOUS A BEAUCOUP DONNÉ. Ne l’oublions pas ! Et, ce 24 novembre 2000, Il a peut-être épargné nos vies. Ensemble, indignons-nous encore contre l’usage de la violence."

*SICAPG : Syndicat Intercommunal de la Côte d’Amour et de la Presqu’île Guérandaise - Etablissement public précédant Cap Atlantique

Retrouvez l'hommage intégral sur la chaîne YouTube