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Stockage et roulage du sel

Surfaces et lieux de stockage du sel dans l’espace du marais salant se répartissent suivant leur fonction : aire de stockage journalière ou ladure, aire de stockage saisonnière ou trémet et aire de stockage pluriannuelle ou salorge.

  • Amassée chaque jour sur les ladures, la production de gros sel est reçue sur un trémet, surface plane sans végétation. Une saline compte au moins autant de trémets que de loties d’œillets appartenant à des propriétaires différents. Jadis, les trémets étaient tous établis sur la crête des fossés au plus proche des routes et étiers en vue de faciliter l’enlèvement de la production. Les nombreuses mutations survenues dans le transport et la manutention du sel depuis les années 1920, ont conduit les paludiers à baisser les trémets en taillant les flancs des talus ou en remblayant une pièce de fard de la saline : l’échalier est plus facile à gravir, surtout lorsqu’il faut pousser des "beurouettées" de sel de 80 à 100 kilos à partir des ladures. En règle générale, le gros sel séjourne tout l’été sur le trémet sous forme de mulon. Si orage ou pluie menacent, le paludier le couvre d’une bâche ajustée de pierres, de pneus hors d’usage ou de sacs lestés.

 

  • La fleur de sel, produit rare et très prisé sur le marché, est ensachée tous les soirs. Elle est rentrée aux sièges d’exploitation des paludiers encore dégouttante d’eau en utilisant une remorque attelée à un véhicule de transport léger (vélo, vélomoteur, voiture, camionnette…). Car il est devenu impératif de prévenir les vols nocturnes, de plus en plus fréquents depuis la fin des années 1990, d’une denrée convoitée.
  • En fin d’été, voire au cours de celui-ci si la météo en fournit l’opportunité, la récolte estivale de gros sel est sortie du marais. L’opération prend le nom de roulage. Le sel est roulé en vrac alors que jadis il était voituré en sacs. Selon les quantités de sel à rentrer, le roulage de la récolte peut s’étaler sur un à deux mois, le travail pouvant être interrompu par la pluie ou, au contraire, par la reprise de la saunaison. Depuis la fin des années 1980, chevaux et charrettes, fierté de quelques paludiers, et camions ont été remplacés par des tracteurs. Beaucoup de paludiers en ont achetés en commun et par conséquent se prêtent la main pour charger et décharger les remorques. On fait aussi appel à des rouliers entrepreneurs de travaux agricoles ou aux engins de la coopérative.

 

 

  • Le sel est abrité dans des salorges ou magasins implantés à la périphérie du marais salant ou sous silos bâchés. Il y demeure à l’abri des intempéries jusqu’à l’ensachage pour commercialisation. Les greniers à sel ou salorges sont ici nommés magasins. Les plus anciens sont en pierre. Ils sont parfois épaulés de contreforts qui offrent aux murs de résister à la pression du sel, souvent entassé jusqu’aux fermes de la charpente. Les bâtiments plus récents sont en bois. Les parois de bardages goudronnés sont inclinées pour des raisons identiques. Spéculateurs et négociants ont commencé à édifier ces entrepôts à partir de 1840 près des voies de desserte des exploitations et surtout de l’axe commercial de la ligne de chemin de fer Le Croisic-Paris. Le plus imposant entrepôt est visible à Batz-sur-Mer. Sa capacité de stockage sous toit de 10 000 tonnes lui a valu le nom de "Cathédrale" ! Depuis la fin des années 1980, le plus vaste site de stockage des sels du pays de Guérande est situé à Pradel en Guérande. La Coopérative des Producteurs de Sel y met à la disposition de ses adhérents un pont-bascule, plusieurs entrepôts et silos ainsi que des ateliers de conditionnement conformes aux normes sanitaires européennes. La coopérative possède aussi tracteurs et remorques de roulage qu’elle loue aux coopérateurs.

© Gildas Buron - Musée des Marais Salants

Date de Publication: 
04/04/2011
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